Autisme et oméga-3 : ce que disent les études
Vous avez peut-être déjà entendu parler des oméga-3. Ces « bonnes graisses », présentes notamment dans les poissons gras comme les sardines ou le saumon, sont souvent recommandées pour la santé du cœur et du cerveau.
Mais qu’en est-il pour les personnes atteintes de trouble du spectre de l’autisme (TSA) ?
Plusieurs chercheurs se sont penchés sur la question. Voici ce que montrent les études scientifiques.
Des taux d’oméga-3 plus bas chez les enfants autistes
Une étude publiée en 2016 dans la revue scientifique PLOS ONE a analysé les profils d’acides gras de 565 enfants âgés de 3 à 17 ans, dont 85 enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme.
Les résultats ont révélé un élément intéressant :
les enfants autistes présentaient les niveaux les plus faibles de DHA et d’EPA, deux oméga-3 essentiels au bon fonctionnement du cerveau.
Les chercheurs ont également observé un déséquilibre entre les oméga-3 et les oméga-6 dans leur organisme.
Les oméga-6, très présents dans l’alimentation moderne et les produits industriels, étaient proportionnellement trop élevés par rapport aux oméga-3.
Or, pour que l’organisme fonctionne correctement, ces deux familles d’acides gras doivent rester en équilibre.

Et la supplémentation en oméga-3, est-elle efficace ?Pour répondre à cette question, une méta-analyse a examiné plusieurs essais cliniques portant sur la supplémentation en oméga-3 chez des enfants atteints de TSA. Les résultats suggèrent que l’apport en oméga-3 pourrait être associé à : • une amélioration de l’interaction sociale (par exemple : jouer davantage avec les autres enfants) • une réduction de certains comportements répétitifs ou stéréotypés Cependant, les chercheurs soulignent que les études disponibles restent limitées et que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces effets.
Pourquoi l’alimentation joue un rôle important Étant donné que certains enfants peuvent présenter un déficit en oméga-3, il peut être utile de veiller à inclure dans leur alimentation des sources naturelles de ces acides gras. Les principales sources alimentaires d’oméga-3 sont : • les poissons gras (sardine, maquereau, saumon…) • certaines algues • les graines de lin • les graines de chia • les noix Maintenir un bon équilibre entre oméga-3 et oméga-6 dans l’alimentation pourrait contribuer au bon fonctionnement du cerveau et au développement de l’enfant. Pour favoriser cet équilibre, il peut également être utile de réduire la consommation d’aliments ultra-transformés et de privilégier une alimentation faite maison et variée.
À retenir • Les enfants autistes présentent souvent des taux plus faibles d’oméga-3 que les enfants sans trouble du neurodéveloppement. • Corriger ce déséquilibre pourrait améliorer certains aspects du comportement, comme les interactions sociales ou certains comportements répétitifs. • Les oméga-3 ne remplacent pas les accompagnements éducatifs ou thérapeutiques, mais ils peuvent faire partie d’une alimentation équilibrée et contribuer à couvrir les besoins nutritionnels de l’enfant.
Meriem MAZOUNI- diététicienne-nutritionniste
Références scientifiques
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